Colloque «Portrait de l’artiste en intellectuel»
2012/10/11 2

Portrait de l’artiste
en intellectuel : enjeux, dangers, questionnements

Colloque organisé par
Benoit Doyon-Gosselin (CRILCQ – U. Laval),
Neil Bissoondath, Cassie Bérard (CRILCQ – U. Laval) et David Bélanger (CRILCQ – U. Laval)

26 et 27 octobre 2012
Université Laval (salle 3244, 3e étage)
Pavillon Charles-De Koninck
Québec

Dire qu’il s’agit, dans le champ littéraire, d’une polémique serait peut-être exagérer l’ampleur de ce sujet dans les médias. Néanmoins, la question de la pensée intellectuelle dans la création littéraire est présente tant dans les salles de classes, dans les ateliers d’écriture que dans les pratiques individuelles des auteurs, mais trop rarement dans la sphère publique. Tantôt conscient des enjeux intellectuels de sa création, tantôt indifférent voire réticent devant toute portée intellectuelle de son écriture, l’écrivain n’est en effet que rarement appelé à prendre position sur la place d’une telle pensée dans la création littéraire. L’inviter à articuler son discours sur la question à l’extérieur des balises de son oeuvre pourra, nous croyons, mettre en lumière les inquiétudes et les espoirs qu’entretient le créateur vis-à-vis de la pensée intellectuelle.

À trop réfléchir la littérature, sa forme et sa manière de refléter les discours, l’écrivain court-il le risque de l’enfermer dans le littéraire? Mettre la création littéraire au service de grands enjeux philosophiques ou sociaux peut-il entraîner l’étiolement de la beauté comme valeur première de l’écriture? En contrepartie, la création ignorante des évolutions des esthétiques littéraires ne laisse-t-elle place qu’à des œuvres naïves?

D’un point de vue général, le fait littéraire trouve son intérêt dans la popularité du livre, dans son accessibilité, dans le pouvoir qu’a l’imaginaire de rejoindre une multiplicité de lecteurs par la représentation et l’identification à laquelle il prétend. D’un point de vue restreint, l’expérience littéraire est recherchée avant le « plaisir naïf »; la profondeur formelle d’une œuvre, sa résonnance narrative, son effet d’étrangeté constituent la richesse d’une littérature capable d’aller au-delà des sens.

Le débat a cours, or en le transposant dans un contexte universitaire, nous espérons en mieux comprendre les enjeux, laisser place à des réflexions argumentées plutôt qu’à des positions campées. Sur cette dualité du fait littéraire, de nouvelles réponses pourront, à l’occasion de ce colloque en création littéraire, être proposées par autant de créateurs, de professeurs, de chercheurs que d’étudiants. De nouvelles questions propres aux pratiques créatrices – le créateur qui discerne plutôt qu’il n’analyse, qui qualifie plutôt qu’il n’interprète – pourront être posées. Ce sont différents outils et manières de concevoir la littérature que nous souhaitons réunir, afin de construire le premier espace de discussions, d’échanges et de réflexions sur le sujet. Quelle est la place de la pensée intellectuelle dans la création littéraire contemporaine?

PROGRAMME

Vendredi 26 octobre

Présidence : Benoit Doyon-Gosselin (U. Laval)

  • 9 h 00 Mot de bienvenue
  • 9 h 10 Conférencier d’honneur : Jean-François Chassay (UQAM)
    « De la littérature comme savoir »

10 h 00 Pause

Séance 1 – « Pour se penser créateur »
Présidence : Benoit Doyon-Gosselin (U. Laval)

  • 10 h 30 Jean-Simon Desrochers (UQAM)
    « Qu’est-ce qu’une théorie de la création et que peut-elle nous apprendre? »
  • 11 h 00 Kateri Lemmens (UQAR)
    « Pile et face : l’essai littéraire, pensée et création ! »
  • 11 h 30 Isabelle Miron (UQAM)
    « L’expérience du retrait dans la création »

12 h 00 Dîner

Séance 2 – « La pensée tapie dans l’art »
Présidence : Isabelle Miron (UQAM)

  • 14 h 00 Félix-Antoine Lorrain (McGill)
    « L’art et le vécu : La conjugaison de la pensée et de la poésie chez Tarkos et Pennequin »
  • 14 h 30 Marie-Eve Fleury (U. Montréal)
    « Les Leçons de Francfort d’Ingeborg Bachmann : réfléchir la création artistique »
  • 15 h 00 Isabelle Dumas (UQAR)
    « Houellebecq artiste penseur »

15 h 30 Pause

Séance 3 – « Splendeurs et misères de l’écrivain social »
Présidence : Esther Pelletier (U. Laval)

  • 16 h 00 Philippe Archambault (UQAM),
    « Pierre Bergounioux : un écrivain engagé ? »
  • 16 h 30 Sophie Létourneau (U. Laval)
    « Un cas de folie écrivaine : L’affaire Millet »

Samedi 27 octobre

Séance 4 – «  Les leçons du poète »
Présidence : Kateri Lemmens (UQAR)

  • 9 h 00 Vincent C. Lambert (U. Laval)
    « Portrait de l’intellectuel en mauvais élève du poème »
  • 9 h 30 Lucie Bartlett-Jeffrey (U. Laval)
    « Portée intellectuelle de la poésie : problématiques et défis »

10 h 00 Pause

Séance 5 – « Laissez venir à moi ces supports  du savoir »
Présidence : Christiane Lahaie (U. Sherbrooke)

  • 10 h 30 Marie-Claude Tremblay (U. Sherbrooke)
    « La chanson comme support de la pensée intellectuelle »
  • 11 h 00 Évelyne Deprêtre (UQAR)
    « Les violons d’Ingres de Dany Laferrière »

11 h 30 Dîner

Séance 6 – « Cachez cette théorie que je ne saurais voir » 
Présidence : Sophie Létourneau (U. Laval)

  • 13 h 30 Cassie Bérard (U. Laval)
    « Le roman étudiant : démon de la création littéraire québécoise »
  • 14 h 00 Pierre-Luc Landry (U. Laval)
    « Contre le “totalitarisme théorique” : plaidoyer pour une littérature intellectuelle parmi tant d’autres »

14 h 30 Pause

Séance 7 – « Pour se créer penseur » 
Présidence : Neil Bissoondath (U. Laval)

  • 15 h 00 Christiane Lahaie (U. Sherbrooke)
    « Écrire, c’est penser le monde »
  • 15 h 30 Jean-Noël Pontbriand (U. Laval)
    « Créateur, donc intellectuel »

 

16 h 30 Mot de clôture