Cinq poèmes dispersés
2018/01/17 0

Paysage d’automne

Le détour de la montagne
ses arbres gênés
début d’octobre
comme un film de roadtrip cliché
avec la route qui mène nulle part
si tu roules longtemps vers les lignes du Maine

 

Mal chaussée

L’horloge fait sa ronde
et les calendriers se succèdent
sur le frigo
le temps avance
et elle le suit
pour ne pas le perdre

Elle n’a pas des bons souliers
ça lui fait des ampoules
de marcher
de sa naissance
à sa mort
sans jamais s’asseoir
elle aimerait juste
le prendre
le temps
le prendre
par les épaules
et lui dire d’arrêter
deux secondes
pour qu’elle se mette
des plasters
sur les pieds

 

Confessionnal

Saint-Pamphile
dans le sous-sol chez mes parents
on est trois :
moi
Alex
pis un 7 de weed
manque juste du papier à rouler
fuck

Sur internet c’est écrit
que les papiers de la Bible
ça marche pareil

Et là on roule un sacré joint
l’évangile selon Marc
va habiter nos poumons
à défaut de nos têtes
mais on peut pas fumer ici

Un perron d’église
la nuit le silence
sauf les deux caves
qui toussent des psaumes
nous

Et Alex prend la botch
comme une hostie
le corps du Christ
avant de recracher tout
en riant
possédé

Pis on flâne dans les rues vides
comme des Dieux qui ont tout à bâtir
avant l’aube
la ville est à nos pieds
mais on passe la nuit
à paranoïer

 

La relâche

Une semaine de ciel foncé
de flaques d’eau
de mal de tête

Une semaine d’intérieur
et d’attisées à journée longue

Une semaine
à regarder passer des ombres
avec leurs parapluies
sur la rue où j’ai grandi

 

Au parc Myrand

Les arbres du parc Myrand
des longs doigts croches
qui veulent tout attraper
ce qui tombe du ciel
mais la neige se pend
dans le grand vide
la neige se prend
pour de la poésie
quand elle fond
sur ma langue