On me surnomme arc-en-ciel
Un matin à trois machines, comme trois cœurs désaccordés, un matin, une bouche, comprends-tu ? Je n’ai pas trouvé comment décrire cette terreur opaque qui me capture, peut-être les plantes pourraient-elles […]
Un matin à trois machines, comme trois cœurs désaccordés, un matin, une bouche, comprends-tu ? Je n’ai pas trouvé comment décrire cette terreur opaque qui me capture, peut-être les plantes pourraient-elles […]
Des rires et des bruits d’ustensiles m’embêtent. Je ferme la porte de la chambre et ils s’évanouissent. L’odeur de menthe de mon frère, et son lit glacial. La pièce me frigorifie sans lui.
Presque le printemps. Basse-ville de Québec.
Équinoxe. La durée de la nuit est égale à celle du jour. Le printemps commence dans l’hémisphère nord. Au coucher du soleil, le ciel rose-orange découpe au loin […]
La lumière de fin de journée entre en oblique par la fenêtre et dessine un rectangle sur les draps blancs pêle-mêle. Dehors, le vent souffle, secoue les feuilles du tremble qui s’agitent contre la vitre. Étendus sur le lit, on reste immobiles, les jambes molles.
Dans le wagon qui progresse vers Ikebukuro, tout le monde dort. D’un sommeil lourd. Celui qui fait dodeliner de la tête, ouvrir la mâchoire à moitié et donne au corps ces petits soubresauts involontaires.
Hiver. Basse-ville de Québec.
Les jours ont commencé à allonger. C’est début février, l’hiver est loin d’être fini, il fait vingt degrés sous zéro et la neige crisse encore sous les bottes, mais la […]
Le premier soir, on s’est couvert de je t’aime. Pour se calmer le dedans, combler les trous du trop-plein de manque. On ne savait pas que ça finirait par nous avaler.
Hiver. Basse-ville de Québec.
On aurait dit la fin du monde. C’était le 21 décembre, la journée la plus courte de l’année ; la nuit la plus longue. Il tombait des peaux de lièvres depuis […]
New York, le 28 octobre 1886 / À quiconque trouvera cette bouteille à la mer, / Aujourd’hui, je quitte le mutisme qui m’enferme depuis ma naissance.