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	Commentaires sur : Entre théorisation d’une pratique et pratique de la théorie : posture plurivoque de recherche-création	</title>
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	<description>Revue sur la création à l&#039;université</description>
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		<title>
		Par : Pierre-Luc Landry		</title>
		<link>https://www.lecrachoirdeflaubert.ulaval.ca/2011/05/entre-theoris/#comment-20</link>

		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Luc Landry]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Jun 2011 15:13:55 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Merci à tous les deux pour vos commentaires. La discussion est fort intéressante, et je m&#039;en veux d&#039;avoir mis du temps à répondre alors que la publication sur Internet suggère un peu plus d&#039;instantanéité. Néanmoins, j&#039;offre ceci pour compléter les propositions que j&#039;ai faites plus haut, et pour alimenter la discussion qui, je l&#039;espère, se poursuivra sinon ici, au moins au fil des textes qui seront publiés sur &lt;em&gt;Le Crachoir de Flaubert&lt;/em&gt;.

J&#039;ai parlé d&#039;un certain malaise que l&#039;on peut sentir dans les cours et séminaires où cohabitent les thésards avec un cheminement en création et les autres avec un cheminement plus &quot;traditionnel&quot;; ce malaise a plusieurs origines et je ne tenterai pas de les décliner ici. Toutefois, il serait faux de dire que l&#039;institution en est l&#039;unique responsable. Il y a derrière tout cela un embarras plutôt existentiel auquel doit faire face tout étudiant qui souhaite réaliser une thèse en création littéraire; il s&#039;agit pour cet étudiant de répondre à la terrible question : Pourquoi inscrire sa démarche de création en milieu universitaire? La prémisse à l&#039;origine de cette odieuse interrogation est pourtant bien légitime : nul besoin d&#039;être inscrit à l&#039;université — et par le fait même de payer des droits de scolarité... — si l&#039;on veut écrire un roman, de la poésie, des nouvelles, etc. Il doit donc y avoir une raison pour choisir cette voie probablement plus complexe, sans doute plus académique, vraisemblablement (un peu) plus masochiste — et beaucoup plus chère (!). On peut éluder la question lors des études de maîtrise — bien qu&#039;on ne devrait (peut-être) pas — mais au doctorat la réflexion s&#039;impose et il faut faire face à l&#039;évidence qu&#039;on ne pourra échapper à la prise de position, à la méditation et, &lt;em&gt;in ultimo&lt;/em&gt;, au prononcé de la sentence. Et le classique &quot;Pour obtenir un diplôme&quot; ne tient pas vraiment la route. À mon avis, en tous cas, puisque ce seul motif ne permet pas de justifier la pertinence des études supérieures en création littéraire. 

Je ne répondrai pas à cette question ici; plutôt, j&#039;ai proposé qu&#039;une troisième partie à la thèse s&#039;intéresse à cet aspect de la démarche et tente de légitimer, entre autres, l&#039;intérêt d&#039;un cheminement en création au doctorat en études littéraires. Je me contenterai de cette maigre intervention, que je souhaite toutefois terminer en citant Simone de Beauvoir qui, dans un tout autre contexte, suggère un concept qui me semble fort à propos lorsque l&#039;on souhaite interroger la pertinence des &lt;em&gt;études&lt;/em&gt; en création littéraire, celui d&#039;aller &lt;em&gt;au-delà&lt;/em&gt; de la &quot;vanité stérile&quot; :


&lt;blockquote&gt;&quot;Malheureusement la spontanéité n’est pas une conduite aussi simple qu’elle le paraît : le paradoxe du lieu commun — comme l’explique Paulhan dans Les Fleurs de Tarbes — c’est qu’il se confond souvent avec l’immédiate traduction de l’impression subjective; si bien qu’au moment où la femme, livrant sans tenir compte d’autrui l’image qui se forme en elle, se croit le plus singulière, elle ne fait que réinventer un banal cliché; si on le lui dit, elle s’étonne, se dépite et jette sa plume; elle ne se rend pas compte que le public lit avec ses yeux, sa pensée à lui et qu’une épithète toute fraîche peut éveiller dans sa mémoire maints souvenirs usagés; certes, c’est un don précieux que de savoir pêcher en soi pour les ramener à la surface du langage des impressions toute vives; on admire en Colette une spontanéité qui ne se rencontre chez aucun écrivain masculin : mais — bien que ces deux termes semblent jurer ensemble — il s’agit chez elle d’une spontanéité réfléchie : elle refuse certains de ses apports pour n’en accepter d’autres qu’à bon escient; l’amateur, au lieu de saisir les mots comme un rapport inter-individuel, un appel à l’autre, y voit la révélation directe de sa sensibilité; il lui semble que choisir, raturer, c’est répudier une partie de soi; elle ne veut rien en sacrifier à la fois parce qu’elle se complaît dans ce qu’elle est et qu’elle n’espère pas devenir autre. Sa vanité stérile vient de ce qu’elle se chérit sans oser se construire.&quot;
[Simone de Beauvoir, &lt;em&gt;Le deuxième sexe&lt;/em&gt;, Tome II.]&lt;/blockquote&gt;


À mon avis, il s&#039;agit là d&#039;un des absolus des études en création littéraire. L&#039;atelier de création offert par l&#039;université doit donc, en ce sens, pousser les étudiants à transcender la vanité stérile et les études supérieures sont non seulement tributaires de ce geste, mais s&#039;en réclament aussi en ce qu&#039;elles en sont l&#039;aboutissement et le prolongement, entre autres.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Merci à tous les deux pour vos commentaires. La discussion est fort intéressante, et je m&rsquo;en veux d&rsquo;avoir mis du temps à répondre alors que la publication sur Internet suggère un peu plus d&rsquo;instantanéité. Néanmoins, j&rsquo;offre ceci pour compléter les propositions que j&rsquo;ai faites plus haut, et pour alimenter la discussion qui, je l&rsquo;espère, se poursuivra sinon ici, au moins au fil des textes qui seront publiés sur <em>Le Crachoir de Flaubert</em>.</p>
<p>J&rsquo;ai parlé d&rsquo;un certain malaise que l&rsquo;on peut sentir dans les cours et séminaires où cohabitent les thésards avec un cheminement en création et les autres avec un cheminement plus « traditionnel »; ce malaise a plusieurs origines et je ne tenterai pas de les décliner ici. Toutefois, il serait faux de dire que l&rsquo;institution en est l&rsquo;unique responsable. Il y a derrière tout cela un embarras plutôt existentiel auquel doit faire face tout étudiant qui souhaite réaliser une thèse en création littéraire; il s&rsquo;agit pour cet étudiant de répondre à la terrible question : Pourquoi inscrire sa démarche de création en milieu universitaire? La prémisse à l&rsquo;origine de cette odieuse interrogation est pourtant bien légitime : nul besoin d&rsquo;être inscrit à l&rsquo;université — et par le fait même de payer des droits de scolarité&#8230; — si l&rsquo;on veut écrire un roman, de la poésie, des nouvelles, etc. Il doit donc y avoir une raison pour choisir cette voie probablement plus complexe, sans doute plus académique, vraisemblablement (un peu) plus masochiste — et beaucoup plus chère (!). On peut éluder la question lors des études de maîtrise — bien qu&rsquo;on ne devrait (peut-être) pas — mais au doctorat la réflexion s&rsquo;impose et il faut faire face à l&rsquo;évidence qu&rsquo;on ne pourra échapper à la prise de position, à la méditation et, <em>in ultimo</em>, au prononcé de la sentence. Et le classique « Pour obtenir un diplôme » ne tient pas vraiment la route. À mon avis, en tous cas, puisque ce seul motif ne permet pas de justifier la pertinence des études supérieures en création littéraire. </p>
<p>Je ne répondrai pas à cette question ici; plutôt, j&rsquo;ai proposé qu&rsquo;une troisième partie à la thèse s&rsquo;intéresse à cet aspect de la démarche et tente de légitimer, entre autres, l&rsquo;intérêt d&rsquo;un cheminement en création au doctorat en études littéraires. Je me contenterai de cette maigre intervention, que je souhaite toutefois terminer en citant Simone de Beauvoir qui, dans un tout autre contexte, suggère un concept qui me semble fort à propos lorsque l&rsquo;on souhaite interroger la pertinence des <em>études</em> en création littéraire, celui d&rsquo;aller <em>au-delà</em> de la « vanité stérile » :</p>
<blockquote><p>« Malheureusement la spontanéité n’est pas une conduite aussi simple qu’elle le paraît : le paradoxe du lieu commun — comme l’explique Paulhan dans Les Fleurs de Tarbes — c’est qu’il se confond souvent avec l’immédiate traduction de l’impression subjective; si bien qu’au moment où la femme, livrant sans tenir compte d’autrui l’image qui se forme en elle, se croit le plus singulière, elle ne fait que réinventer un banal cliché; si on le lui dit, elle s’étonne, se dépite et jette sa plume; elle ne se rend pas compte que le public lit avec ses yeux, sa pensée à lui et qu’une épithète toute fraîche peut éveiller dans sa mémoire maints souvenirs usagés; certes, c’est un don précieux que de savoir pêcher en soi pour les ramener à la surface du langage des impressions toute vives; on admire en Colette une spontanéité qui ne se rencontre chez aucun écrivain masculin : mais — bien que ces deux termes semblent jurer ensemble — il s’agit chez elle d’une spontanéité réfléchie : elle refuse certains de ses apports pour n’en accepter d’autres qu’à bon escient; l’amateur, au lieu de saisir les mots comme un rapport inter-individuel, un appel à l’autre, y voit la révélation directe de sa sensibilité; il lui semble que choisir, raturer, c’est répudier une partie de soi; elle ne veut rien en sacrifier à la fois parce qu’elle se complaît dans ce qu’elle est et qu’elle n’espère pas devenir autre. Sa vanité stérile vient de ce qu’elle se chérit sans oser se construire. »<br />
[Simone de Beauvoir, <em>Le deuxième sexe</em>, Tome II.]</p></blockquote>
<p>À mon avis, il s&rsquo;agit là d&rsquo;un des absolus des études en création littéraire. L&rsquo;atelier de création offert par l&rsquo;université doit donc, en ce sens, pousser les étudiants à transcender la vanité stérile et les études supérieures sont non seulement tributaires de ce geste, mais s&rsquo;en réclament aussi en ce qu&rsquo;elles en sont l&rsquo;aboutissement et le prolongement, entre autres.</p>
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		<title>
		Par : David Bélanger		</title>
		<link>https://www.lecrachoirdeflaubert.ulaval.ca/2011/05/entre-theoris/#comment-12</link>

		<dc:creator><![CDATA[David Bélanger]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 May 2011 19:28:33 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Cette proposition, sans en avoir l&#039;air, aborde une polémique, je crois, ayant cours en enseignement de la création littéraire. De fait, certains professeurs et enseignants de la création littéraire prennent le parti d&#039;aborder leur enseignement en tant que créateurs et non en tant qu&#039;universitaires. Cela amène, plus souvent qu&#039;autrement, certaines philosophies de la création privilégiant la &quot;découverte dans l&#039;écriture&quot;, l&#039;avancée naïve dans le récit, la magie des associations et l&#039;influence des muses ou du subconscient, selon les attirances spirituelles. Cette vision s&#039;appuie néanmoins sur une tradition importante ; outre le statut sacré de l&#039;écrivain qu&#039;on retrouve en Occident depuis &quot;toujours&quot;, ou encore le travail de la parole à la recherche du logos sacré, il y a aussi chez Barthes - je pense à sa réflexion sur l&#039;intransitivité de l&#039;écriture et son opposition entre l&#039;écrivant et l&#039;écrivain - une pensée prédiquant l&#039;ignorance - ou la naïveté - de l&#039;auteur devant sa construction. Le souci est bien évidemment d&#039;éviter le roman à thèse ou, plus généralement, de permettre l&#039;autonomie de l&#039;art - l&#039;art pour l&#039;art. Or, la thèse en trois parties et le processus de création inscrits dans le doctorat obligent une certaine conscience de l&#039;écriture - du moins conceptuelle ou formelle. Du coup, le créateur ne se contente plus de créer, il cherche dans sa création - sans appliquer la théorie dans sa création, il tente de comprendre la théorie par la création et crée sur la base d&#039;une théorie. L&#039;ouverture à de telles pratiques, comme le propose ici Pierre-Luc Landry - et Jean-Noël Pontbriand, comme il le cite - amène à tracer une ligne entre la création et la recherche-création : le créateur en milieu universitaire, s&#039;il fait bel et bien une création, est soumis à d&#039;autres incitatifs - ceux de la recherche - qui l&#039;amèneront ailleurs, le pousseront dans des voies nouvelles. Très bon article !]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Cette proposition, sans en avoir l&rsquo;air, aborde une polémique, je crois, ayant cours en enseignement de la création littéraire. De fait, certains professeurs et enseignants de la création littéraire prennent le parti d&rsquo;aborder leur enseignement en tant que créateurs et non en tant qu&rsquo;universitaires. Cela amène, plus souvent qu&rsquo;autrement, certaines philosophies de la création privilégiant la « découverte dans l&rsquo;écriture », l&rsquo;avancée naïve dans le récit, la magie des associations et l&rsquo;influence des muses ou du subconscient, selon les attirances spirituelles. Cette vision s&rsquo;appuie néanmoins sur une tradition importante ; outre le statut sacré de l&rsquo;écrivain qu&rsquo;on retrouve en Occident depuis « toujours », ou encore le travail de la parole à la recherche du logos sacré, il y a aussi chez Barthes &#8211; je pense à sa réflexion sur l&rsquo;intransitivité de l&rsquo;écriture et son opposition entre l&rsquo;écrivant et l&rsquo;écrivain &#8211; une pensée prédiquant l&rsquo;ignorance &#8211; ou la naïveté &#8211; de l&rsquo;auteur devant sa construction. Le souci est bien évidemment d&rsquo;éviter le roman à thèse ou, plus généralement, de permettre l&rsquo;autonomie de l&rsquo;art &#8211; l&rsquo;art pour l&rsquo;art. Or, la thèse en trois parties et le processus de création inscrits dans le doctorat obligent une certaine conscience de l&rsquo;écriture &#8211; du moins conceptuelle ou formelle. Du coup, le créateur ne se contente plus de créer, il cherche dans sa création &#8211; sans appliquer la théorie dans sa création, il tente de comprendre la théorie par la création et crée sur la base d&rsquo;une théorie. L&rsquo;ouverture à de telles pratiques, comme le propose ici Pierre-Luc Landry &#8211; et Jean-Noël Pontbriand, comme il le cite &#8211; amène à tracer une ligne entre la création et la recherche-création : le créateur en milieu universitaire, s&rsquo;il fait bel et bien une création, est soumis à d&rsquo;autres incitatifs &#8211; ceux de la recherche &#8211; qui l&rsquo;amèneront ailleurs, le pousseront dans des voies nouvelles. Très bon article !</p>
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		<title>
		Par : Renaud Pilote		</title>
		<link>https://www.lecrachoirdeflaubert.ulaval.ca/2011/05/entre-theoris/#comment-11</link>

		<dc:creator><![CDATA[Renaud Pilote]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 May 2011 02:39:58 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.lecrachoirdeflaubert.ulaval.ca/?p=495#comment-11</guid>

					<description><![CDATA[J&#039;ai justement pris l&#039;initiative d&#039;intégrer à ma maîtrise en création littéraire une troisième partie que j&#039;ai intitulée « carnet de création », où je relate, tel un journal, mes réflexions plus personnelles sur les influences mutuelles entre la partie création et la partie théorique, dite réflexive. Je sentais qu&#039;il manquait un certain type de réflexion qui aurait eu comme effet de venir lier tout ça, non pas tant pour justifier la démarche que pour imbriquer le tout. Ton texte cerne bien le malaise que j&#039;éprouvais et oriente mes questionnements à ce sujet. Merci de l&#039;avoir partagé.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J&rsquo;ai justement pris l&rsquo;initiative d&rsquo;intégrer à ma maîtrise en création littéraire une troisième partie que j&rsquo;ai intitulée « carnet de création », où je relate, tel un journal, mes réflexions plus personnelles sur les influences mutuelles entre la partie création et la partie théorique, dite réflexive. Je sentais qu&rsquo;il manquait un certain type de réflexion qui aurait eu comme effet de venir lier tout ça, non pas tant pour justifier la démarche que pour imbriquer le tout. Ton texte cerne bien le malaise que j&rsquo;éprouvais et oriente mes questionnements à ce sujet. Merci de l&rsquo;avoir partagé.</p>
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