la tendresse a ses droits
2018/04/26 0

Ce texte a été écrit dans le cadre du concours Reliures organisé en 2018 par les Jeunes programmatrices de la Maison de la littérature de Québec.

I.

je fuirai tes cuisses
entre nos martèlements          lents
ce qui reste se cache

j’économiserai les gestes
nous savons nos mains accablées
nous savons dire à demain

derrière les lèvres la chaleur s’épuise

nous perdons la librairie des grandes déclarations

 

 

II.

tu nous voudrais entiers
tu l’as crié dans ton sommeil
et plus tard le chuchotement
attendons encore avant de s’aimer

je réfléchis les amours
les conclue en vitesse
regarde-moi     je suis ce matin chaud si simple si bon

je ne sais plus réconforter
poser l’oreiller sur nos visages
nous observer au travers
j’évite le verdict
bonne journée

 

 

III.

tu te penches
la chaise bruisse
nos peaux se distendent
une fois de plus
et nos après-midis vagues

j’ai les nerfs affamés
collés sur l’époque des allers-retours

délaisse ta tête près de moi

 

 

IV.

tu découds tes bras
nos décalques
ma peau sèche

il y a peu à décrire

l’abandon        et nous
nos discussions en mode avion
on ne réinvente pas chaque fois
on ne sert pas l’attention
sur un plateau d’argent
chaque soir

reprends tes bras
il vaut mieux se ranger

 

 

V.

je ne crois pas aux corps qui sauvent

un jour je marcherai
sans que tu nous revires de bord
sans penser au prochain souper
ce jour là je dirai
      t’as vu le silence s’étire
      la tendresse a ses droits
      t’entends        rien de figé
      quand nos doigts se répondent
il ne fera pas printemps
aucun calligramme cœur
le plancher encore sale
et sous chaque instant
tu goûteras j’aurai écrit
      gardons le souffle libre

mais ne fais pas semblant