La matérialité quotidienne de l’écriture

Les auteur.trice.s se racontent, racontent leurs processus de création, et sont raconté.e.s par les autres professionnel.le.s du secteur, à travers des représentations collectives mythiques, des récits empruntant leurs symboles et leurs valeurs à des histoires de réussite sociale. Les identités de l’artiste se nourrissent de quelques traces transformées de son passé, et du besoin de se projeter dans le désir d’un avenir où, au-delà du corps, les œuvres feront retentir pour toujours leur être d’auteur.trice.
Précisément dans l’instant où les écrivain.e.s entament une création, leur geste quotidien d’écrire des mots et des signes de ponctuation s’efface ; trop insignifiant et minimaliste, l’instant matériel de la rédaction tient un rôle secondaire. Le temps présent du geste d’écrire se déroule dans un contexte d’habitudes, s’entremêlant à d’autres activités, à des accidents, à des états de santé, en lien avec des rencontres, des conversations, et des échanges politiques avec l’industrie des arts.
À l’occasion ma résidence au Crachoir de Flaubert, je proposerai dix courtes réflexions par lesquelles je tenterai d’attraper et de retenir dix brefs instants de mon présent créateur, pour cerner ma personne qui écrit dans sa matérialité quotidienne.