Pierre-Luc Landry

À propos Pierre-Luc Landry

Pierre-Luc Landry est professeur au Département de langue française, littérature et culture du Collège militaire royal du Canada, où il enseigne principalement les littératures contemporaines. Ses recherches concernent les théories queer, la recherche-création, la narratologie et les études culturelles. Il détient un doctorat en études littéraires grâce à une thèse de recherche-création soutenue à l’Université Laval en 2013. Son premier roman, L’équation du temps (2013), a été finaliste au Prix des lecteurs de Radio-Canada et a fait partie de la présélection du Prix France-Québec en 2014. Les corps extraterrestres, son deuxième roman, est paru à l’automne 2015 et a remporté le Prix du livre d’Ottawa en 2016. Le roman est ensuite paru en anglais en 2017 sous le titre Listening for Jupiter, aux éditions QC Fiction, dans une traduction d’Arielle Aaronson et de Madeleine Stratford. Pierre-Luc Landry a également publié en 2017, avec la plasticienne sonore Stefania Becheanu, un ouvrage hybride de recherche-création intitulé Silence-décomposition. À l’écoute d’une ville, aux éditions Nota Bene, dans la collection « Indiscipline ». Finalement, il a été éditeur à La Mèche, le laboratoire de création du Groupe d’édition la courte échelle, de 2014 à 2017; il travaille présentement comme directeur littéraire aux Éditions Triptyque, où il pilote les collections « Pop » et « Queer ».

Procès-verbal

Par |2016-12-21T15:23:17-05:0015 mai, 2013|Non classé|

22 h 42. Ce que j’épuise finalement, c’est mon regard et non l’œuvre. 22 h 42. Regarder l’écrivain au travail n’est au final pas si intéressant que ça. On s’imagine alors ce que ce serait que d’assister au mouvement du peintre. Amplitude du geste.

Devenir homme-boîte : journal postdaté d’une performance avec une boîte de carton

Par |2016-12-21T15:16:38-05:0025 mars, 2013|Non classé|

Ştefania sort un livre de son sac : L’homme-boîte de Kôbô Abé, dans une traduction en roumain. Je le feuillette rapidement; je ne saisis rien sinon quelques mots ici et là. Je me hasarde avec une traduction aléatoire, ça nous fait bien marer. Ştefania me raconte un peu l’histoire, son lien avec le projet, l’influence que ce roman a eu sur sa réflexion artistique : je note et j’irai me procurer la version française chez l’un des libraires de la rue Ambroise Thomas, tout juste en face de la cathédrale. La discussion se poursuit, on parle maintenant de la douleur; Ştefania explique qu’elle ne peut créer quand elle ne va pas bien. Ça ne pourrait mieux tomber : nos déjeuners rue Serpenoise sont plus souvent qu’autrement assez festifs : nous sommes à tout coup galvanisés par l’enthousiasme de l’autre et on sent bien que cette jeune amitié est à la fois mondaine, intellectuelle et artistique.

Contre le « totalitarisme théorique » : plaidoyer pour une littérature intellectuelle parmi d’autres

Par |2016-12-21T15:19:22-05:0013 février, 2013|Non classé|

On reproche à certains créateurs en milieu universitaire de flirter avec les théories et de produire ainsi une littérature qui leur serait étrangère; il se trouve en effet des intervenants prêts à défendre une littérature basée uniquement sur le plaisir de la lecture. Serait-il possible, toutefois, d’imaginer une posture réunissant les deux extrêmes, c’est-à-dire une posture de chercheur, d’écrivain, d’étudiant, de professeur, etc. ­– aussi légitime dans ses ambitions et littéraires et intellectuelles? M’est avis que oui. Et que l’université, en tant que terrain de jeu, espace de formation, lieu de discussions et d’apprentissage, est l’endroit idéal pour la pleine expression de ce type de recherche-création, chose hybride, étrange, à mi-chemin entre ceci et cela, entre recherche et création, entre écriture et réflexion, entre réflexion et création, etc.

L’effeuilleur

Par |2013-01-09T13:42:11-05:009 janvier, 2013|Non classé|

La loge était pleine à craquer de gars pour la plupart très musclés et admirablement bien découpés, sans chandails, huilés, qui se regardaient dans les dizaines de miroirs placés un peu partout sur les murs de la pièce. Certains levaient des poids ou faisaient des pompes pour bomber leurs muscles en prévision du moment de vérité. Un gars déguisé en pompier, un autre en policier, un vampire, un travailleur de la construction. Des gars qui s’échauffaient en faisant quelques pas de danse, en s’étirant dans tous les sens. Je me suis assis sur la première chaise venue : une crampe me déchirait le thorax. Un crieur a annoncé que les auditions allaient commencer dans cinq minutes.

Ils veulent tuer la beauté du monde

Par |2012-04-26T10:57:32-05:0026 avril, 2012|Non classé|

Le premier ministre se permet de faire des blagues sur le dos des étudiants. Les journalistes attaquent le porte-parole de la CLASSE. On lui demande de jouer le rôle de quelqu’un d’autre, on lui demande de faire des déclarations pour lesquelles il ne détient pas l’autorité morale et symbolique. On demande aux étudiants de fermer leur gueule. On transforme mai 68 en octobre 70 et on s’insurge qu’un pont soit bloqué et qu’on rentre chez soi en retard pour le repas du soir. Je n’en peux plus.

Un peu comme une fugue

Par |2014-01-09T20:06:29-05:0013 juin, 2011|Non classé|

Je manque de temps pour être heureux. Être heureux comme dans : - Aller voir les étoiles filantes dans les collines verdoyantes de l’autre côté de la rivière; - Me promener à travers les tulipes hâtives; - Lire sous le gros chêne au milieu de la promenade sur la falaise, entre le château et le musée; - Me coucher sur le trottoir et rire à tue-tête. Des plaisirs simples. Mais je dois écrire mon projet de thèse.

Entre théorisation d’une pratique et pratique de la théorie : posture plurivoque de recherche-création

Par |2016-12-21T15:03:32-05:002 mai, 2011|Non classé|

C’est dans une troisième partie de la thèse que se verra illustrée le mieux la posture plurivoque de recherche-création dont je me doterai. Il ne s’agit pas là de tenir une réflexion générale sur la définition de la littérature, par exemple, ou encore sur l’acte d’écriture dans tout ce qu’il peut avoir de métaphysique ou d’ontologique — d’autres l’ont fait déjà, et je pense entre autres à Jean-Paul Sartre, d’une part, à Marguerite Duras, d’autre part, et à bien d’autres encore. Cette troisième partie de la thèse vise à rétablir l’équilibre entre les deux postures en les fusionnant en une seule, plurivoque, polysémique même, une posture de recherche-création dans le sens fort du terme. Et c’est là l’un des critères les plus importants d’une telle démarche d’équilibriste.