Reliures

Il s’agissait de repenser les rencontres littéraires. Comment s’inspirer des face à face avec des auteur-e-s phares, des voix singulières ou des mots insensés et tout aussi puissants?

En lançant le concours d’écriture RELIURES, nous (les Jeunes programmatrices 2017-2018) souhaitions déboulonner les mythes associés à la solitude de l’écrivain et à celle du lecteur. Nous avons donc proposé aux auteur-e-s de la relève de la ville de Québec de dialoguer avec quatre auteur-e-s nous ayant marquées, prenant comme point de départ les quatre citations suivantes :

Le choix de Raphaëlle Vézina : « Les seuls gens qui existent sont ceux qui ont la démence de vivre, de discourir, d’être sauvés, qui veulent jouir de tout dans un seul instant, ceux qui ne savent pas bâiller. »
Jack Kerouac, Sur la route, Gallimard, 1957; On the road, Vicking Press, 1957

Le choix d’Aude Meunier-Rochon : « Je n’avais pourtant fait que jouer, comme [maman] me l’avait enseigné, comme mémère aussi un jour avait joué avec moi…comme nous jouons tous peut-être, les uns avec les autres, à travers la vie, à tâcher de nous rencontrer. »
Gabrielle Roy, La route d’Altamont, HMH, 1966

Le choix de Madeleine Têtu : « Les autres, c’est loin. Les autres, ça se sauve, comme les papillons. Un papillon, c’est loin, loin comme le firmament, même quand on le tient dans sa main. »
Réjean Ducharme, L’avalée des avalés, Gallimard, 1966

Le choix de Roxane Azzaria : « Nous aurons tous les droits; même celui de nous oublier. Nous ne nous désapprendrons jamais. »
Geneviève Desrosiers, Nombreux seront nos ennemis, L’oie de Cravan, 1999

Deux marraines et deux parrains ont ensuite été associés au concours. Il s’agit d’Isabelle Duval (poésie et récit), de Valérie Forgues (poésie et roman), de Simon-Pierre Beaudet (essai) et de Maxime Beauregard-Martin (théâtre). Nous leur avons demandé de créer un texte inédit en réponse à l’un des textes gagnants. Puis, nous avons à notre tour répondu aux textes créés. Au total, ce sont douze textes, divisés en quatre petites chaînes de rencontres, qui composent ainsi le présent dossier.

Le dévoilement des textes gagnants aura lieu lors de la soirée du lancement, le jeudi 10 mai à 20 h, à la Maison de la littérature. Les lecteurs et les lectrices pourront alors interagir avec les textes, qui seront présentés par les lauréats, les parrains et les marraines et nous-mêmes, les Jeunes programmatrices.

Au plaisir de vous rencontrer!

Les Jeunes programmatrices 2017-2018 :
Roxane AZZARIA
Aude MEUNIER-ROCHON
Madeleine TÊTU
Raphaëlle VÉZINA

le carrelage aussi est autonome

Par |2018-05-10T18:51:51-05:0010 mai, 2018|Non classé|

[information]Ce texte a été écrit dans le cadre du concours Reliures organisé en 2018 par les Jeunes programmatrices de la Maison de la littérature de Québec. [/information]

et jointures
crispées
ciment je te hurle
qu’est-ce qu’il […]

Mascarade

Par |2019-03-05T01:12:45-05:0010 mai, 2018|Non classé|

Ce texte a été écrit dans le cadre du concours Reliures organisé en 2018 par les Jeunes programmatrices de la Maison de la littérature de Québec.

E nfant, j’adorais me déguiser. Le placard […]

Une zone fertile en dangers

Par |2019-03-05T01:12:50-05:003 mai, 2018|Non classé|

[...] il y a eu cette belle soirée de la série « Les débuts fulgurants », animée par Patrick Bilodeau, libraire chez Pantoute, et pour laquelle on m’avait demandé de parler des premières œuvres qui m’ont marqué, ou qui présentaient des débuts marquants, je n’ai jamais trop su. Il se trouve que les unes sont les autres, et ma sélection m’a mené à ce constat paradoxal : les livres qui m’ont plu sont ceux que j’ai lâchés parce qu’ils exigeaient d’en faire quelque chose — de l’art ou du trouble, souvent les deux.

Soi-même comme aventure

Par |2019-03-05T01:12:55-05:003 mai, 2018|Non classé|

Tout ce monde à faire tenir en soi. Tous ces liens qui s’entremêlent : un réseau de chair, de cambouis et de rêve, qui pulse, inextricable. J’ai 40 ans. Je suis seule sur la route – trois mois, dix-huit-mille kilomètres, des litres de café, quelques flasques de rhum, la vie de Frida Kahlo, et des mots des mots des mots.

Au matelas

Par |2019-03-05T01:13:01-05:003 mai, 2018|Non classé|

j’ai foncé comme dans les films je suis allée au matelas maintenant je fabrique des accidents d’auto c’est mon image préférée elle sonne juste appropriée pour illustrer l’accélération le cœur qui s’écrase le dérapage

Bangarang Coralie

Par |2019-03-05T01:13:06-05:003 mai, 2018|Non classé|

Au début, il y avait juste Francine qui éprouvait du plaisir. Elle égrenait nos souvenirs communs inexistants sans se rendre compte que Michel et moi, on regardait le même coin de nappe. Mais son enthousiasme a rongé l’étrangeté.

Aïeules lunaires

Par |2019-03-05T01:13:19-05:0026 avril, 2018|Non classé|

Le jeu brûle dans la poubelle du sous-sol. Le Ouija me promettait de contacter les esprits, mais la planchette n’a jamais bougé. Par précaution, je m’en suis débarrassé de la façon recommandée. Je me suis ruinée en eau bénite et j’ai failli perdre un doigt en découpant la planche en sept morceaux, mais au moins, je sais qu’aucun démon ne peut me suivre.

La chasse aux papillons

Par |2019-03-05T01:13:25-05:0026 avril, 2018|Non classé|

Je suis la deuxième d’une famille de quatre filles: même regard sombre, même sourire lumineux, même drôles de mimiques. Quatre poupées russes que l’on peut emboîter puis déboîter à sa guise. Si je vois pour la première fois quelqu’un qui connaît l’une de mes sœurs, il s’exclame immanquablement : « C’est incroyable, tu lui ressembles tel-le-ment, vous êtes des copies conformes! » Il reconnaît alors chez moi quelque chose qui lui est familier. Comme si mon visage portait la trace d’émotions, d’expressions et de rencontres qui ne sont pas les miennes.