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Récit

Pierre-Luc Landry - 15 mai 2013

22 h 42. Ce que j’épuise finalement, c’est mon regard et non l’œuvre.

22 h 42. Regarder l’écrivain au travail n’est au final pas si intéressant que ça. On s’imagine alors ce que ce serait que d’assister au mouvement du peintre. Amplitude du geste.

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Éric LeBlanc - 18 février 2013

J’arrête de vivre dans les illusions. C’est à toi que je m’adresse.

Oui, directement à toi. Non pas à un personnage extérieur, mais à toi. Tu te reconnais, n’est-ce pas? Non? Tu devrais.

Réfléchis un peu. Mon nom ne te rappelle rien? Ne l’avais-tu pas déjà entendu, avant même que tu prennes ces pages entre tes mains? Avant que quelqu’un te le dise? Ton souvenir de moi est-il enfoui si profondément?

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Maude Déry - 28 janvier 2013

Je ne pouvais plus écrire, mes personnages m’avaient abandonnée. J’avais beau tendre l’oreille, me retrancher dans un silence quasi monastique, leurs voix ne surgiraient pas. M’acharner ne donnerait rien. Le vent s’était levé. On aurait dit qu’il hurlait, comme un gamin furieux.

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François Bélanger - 29 octobre 2012

Un terrain vague. Plat. Il n’y a que quelques saules, qu’on distingue difficilement. C’est une mauvaise photo brouillée de points blancs. Il y a une tension. Comme une attente imprécise.

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Catherine Rochette - 13 juin 2012

ici

au milieu des étoiles

le silence de l’immensité

la légèreté

l’envie de vivre encore

vivre encore

Stéphane a la nausée. Trop vite, il sera de retour sur Terre, parmi ces humains, vilaine vermine qui parle trop, bouge trop. Respire trop. Ça l’agace terriblement, sentir le souffle chaud d’un étranger sur sa peau. L’haleine de l’autre qui se colle à lui, s’incruste dans ses pores. Parasite.

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Anne-Marie Petitjean - 5 juin 2012

Construction pyramidale, tripartition des personnages. Grosse masse claire de barbe patriarcale et de voiles virginaux. Les mains blanches, ouvertes sur les visages. Hiératique. Le peuple amassé au pied de l’estrade. Bruit et Fureur dans les lointains.

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Sylvianne Blanchette - 6 mai 2012

Moi je dis que la naissance d’une idée, ça se fait souvent au lit, et c’est aussi important – sinon plus – que de passer à l’action. Parce qu’une fois levé demeure toujours la possibilité de foirer. Couché, les risques sont moins grands. Dans les rêves et les scénarios qu’on se fait la tête sur l’oreiller, le corps bien au chaud sous les couvertures, c’est rare qu’on échoue. Prenez Jean Charest, par exemple. Il se lève tous les matins. Et il en fait, des conneries! Je lui suggère de rester couché plus souvent. Et plus longtemps.

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Michel Bouchard - 16 mars 2012

Voilà déjà plusieurs paragraphes que je radote pour ne rien dire. Je n’ai pas de chiffres à donner, seulement des sentiments, des impressions. Ça doit en décevoir beaucoup, qui ne marqueront pas de me le faire savoir en usant d’un discours des plus polis. Je ne prétends pas avoir de solutions. J’ai des craintes. Beaucoup de craintes pour le futur du Québec, qui n’ont rien à voir avec l’économie. Des craintes quant à l’idéologie anti-intellectuelle qui gagne du terrain et qui menace notre société. Un danger beaucoup plus grand qu’on ne veut l’admettre.

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Laurence Lallier-Roussin - 11 mars 2012

Le venin envenime. On apprend, saoul, que les coups reçus sont moins dommageables quand le corps est mou. Les deux corps opposés, ici, se durcissent. Ça pénètre mieux dans la jeunesse. Et que ça s’exprime, et que ça en jase, et que l’encre coule… Au-delà des raisonnements théoriques, rhétoriques, il y a au profond du ventre une foi en le mouvement des choses.

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Geneviève Dufour - 9 mars 2012

Rouge prolétaire. Rouge colère. Rouge combat. Rouge aux joues. Le calendrier, depuis quelques temps, se décline dans un camaïeu de couleurs révolutionnaires. Je sais que ce n’est pas exactement une guerre, ni même un conflit armé, ce que l’on vit actuellement avec la grève étudiante. Or, il s’agit bel et bien d’un combat où s’opposent deux visions de l’éducation : l’une axée sur la performance mercantile, l’autre prônant l’accessibilité, l’équité et l’universalité. Les uns se prétendent réalistes, les autres se disent justes et égalitaires. Pendant ce temps, la vie continue (quoique…) et je profite de ce samedi ensoleillé pour accueillir chez moi Petit Padawan.

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