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Appel à communication pour le 2ème colloque interdisciplinaire des Têtes Chercheuses

Qu’un mouvement littéraire veuille en chasser un autre, qu’une théorie interprétative le dispute à une autre, qu’un traducteur remette en question la traduction d’une œuvre faite par un prédécesseur, que deux mises en scènes d’une même pièce fassent des choix radicalement différents, etc., la concurrence est bel et bien présente dans le monde artistique. Le colloque Concurrence(s), organisé par l’association des Têtes Chercheuses les 12, 13 et 14 décembre 2013, veut réfléchir à ces phénomènes dans les domaines des arts, des lettres, des langues et de la linguistique, tous siècles confondus, afin de donner à la notion une réelle profondeur historique.

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Textes de création

Cédric Panos 20 mai 2013

De l’apparence de Gregory Gorki, qui buvait son café noir et très amer, rien à dire, sinon cette courte phrase, qui se termine d’ailleurs à l’instant. À titre de précision, osons pourtant l’hypothèse selon laquelle, beau sans être laid (et vice-versa), Greg – sa famille l’appelait plus simplement Gregory – se confondait sans effort à la masse terrienne environnante en ce que l’extraordinaire banalité de sa physionomie physique ressemblait si peu à quoi que ce soit qu’il en devenait comme à peu près tout le monde – du moins celui que l’on connaisse (et l’on en connaît un paquet).

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Pierre-Luc Landry 15 mai 2013

22 h 42. Ce que j’épuise finalement, c’est mon regard et non l’œuvre.

22 h 42. Regarder l’écrivain au travail n’est au final pas si intéressant que ça. On s’imagine alors ce que ce serait que d’assister au mouvement du peintre. Amplitude du geste.

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Ariane Lessard 13 mai 2013

— Cinquante litres en descendant. Si les chauffeurs veulent plus, tu leur vends les bidons. S’ils veulent moins, tu fais payer cash. T’acceptes pas les chèques, tu prends juste le cash. J’me suis fait arnaquer à courir après des salauds de voleurs. Tu prends le cash. Tu restes alerte, tu lis rien d’autre que le journal. Mais quand tu lis, tu regardes le poste après chaque ligne. Pas question de finir une page sans lever les yeux. Pour que l’eau coule sans rouille, tu laisses le robinet ouvert une à deux minutes chaque matin. La machine à café, c’est gratuit pour toi, mais t’abuses pas. Une tasse le matin, une le soir si tu veux. Pas plus. Si jamais t’as faim, que t’as oublié ton lunch, tu peux prendre quelque chose dans les rayons. Tu me l’écris dans le cahier noir en dessous de la caisse. Tu l’remets là après. Tu marques tes heures dedans aussi. Pour l’uniforme, je t’en prête trois. J’avais pas ta grandeur. J’aurais fait raccourcir les manches par ma femme, mais…

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Trois cent soixante-treize clous. Je ne compterais pas jusque-là. Peut-être seulement trente-trois et des reprises. Peut-être un seul et la névrose qui veut qu’on répète. Peut-être tout ça, à différents moments d’une même vie, d’une même heure. Peut-être rien du tout. Et l’inspiration qui vient plutôt de celui qui regarde. L’ambivalence. L’excès et le goût de tout couvrir de mots, de concepts et de possibles. Ça fait mal de ne rien savoir.

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Textes de réflexion

Isabelle Miron 17 avril 2013

Précisons tout d’abord que le terme « retrait », n’étant pas défini par un objet indirect ou par un complément circonstanciel (retrait de quoi? de où?), s’est pensé à partir de deux aspects en interrelation : le retrait de la société offre la possibilité d’un retrait de soi. C’est précisément cette double expérience du retrait qui permettrait à l’écrivain de définir un nouveau rapport à soi et au monde, rapport mettant directement en jeu sa corporéité, sa conception du temps et de l’espace, et plus globalement son système de valeurs.

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Astrid Gagnon 10 avril 2013

Si tu veux écrire, retourne à l’école, me suis-je dit. J’avais pris conscience du fait qu’être rédactrice n’est pas être écrivaine. Est-ce que je le deviendrai un jour? Qui sait? Une chose est certaine : une fois passée l’épreuve des premiers textes soumis au regard de l’autre, l’expérience est devenue en soi une source de plaisir et d’évolution. Apprendre à lire et à écrire autrement, à montrer plutôt qu’à dire, à faire vivre les personnages plutôt qu’à les interpréter, à sortir de ma zone de confort, m’a donné le goût du roman.

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Hélène Matte 4 avril 2013

Le paradis de la démocratisation de l’art tourne donc au cauchemar. Et il n’est pas rassurant d’entendre Jocelyn Robert mentionner qu’il cherche à enseigner à ses élèves un apprentissage autodidacte. Bien entendu, ceci vise à encourager l’autonomie de l’étudiant. Cette attitude est honorable lorsqu’elle développe la débrouillardise. Aussi, elle admet une approche horizontale des savoirs que l’usage d’Internet sous-tend tout en déboulonnant l’autoritarisme des relations professeur-élève . Néanmoins, n’annonce-t-elle pas la fin d’une approche pédagogique où le maître (entendre ici le professeur) transmettait lentement mais sûrement une technique à son élève? Ne discrédite-t-elle pas le savoir, sinon l’expérience, des artistes chevronnés? Y a-t-il là une forme de déresponsabilisation collective?

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Arielle Cloutier 27 mars 2013

Je souhaite un roman en mouvement, un roman qui bouge et qui fait bouger. Petite précision : faire bouger quelque chose ne signifie pas nécessairement de plaire, mais aussi de choquer, de déstabiliser et de faire résonner ou vibrer quoi que ce soit chez le lecteur. L’important, selon moi, reste d’utiliser cette tribune que nous offre le roman pour dire quelque chose. Que l’histoire soit fantastique, poétique, réaliste ou quotidienne, elle doit porter une parole et un regard différents sur notre monde et sur la vie pour nous éclairer.

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