C'est donc quelque chose de bien atrocement délicieux que d'écrire pour qu'on reste à s'acharner ainsi en des tortures pareilles, et qu'on n'en veuille pas d'autres.
José T. Ramirez - 14 novembre 2011
Elle aurait voulu arracher les petits souliers cristallins aux gouttes de pluie qui tombaient. Elle aurait voulu reposer sa tête sur les pieds des cèdres, étendre ses tresses dorées sur l’herbe fraîche aux côtés des racines, mais elle a dû rester pieds nus, insomniaque, allant de porte en porte, annonçant la nouvelle, ne mouvant ses lèvres que pour faire sortir le mot à la fin de sa phrase. «Espoir», et aucune porte ne s’ouvrait.
Michel Bouchard - 27 juillet 2011
Dans les ténèbres de la nuit, Cendrillon n’arrivait pas à retrouver son chemin et se perdit. Elle avait très froid, la peur lui étreignait le cœur et elle sentait la faim la gagner.
Se présenta alors à elle le papillon blanc qui était venu durant le bal, brillant dans la nuit :
« Oh, pauvre petite fille, que tu dois avoir froid, ainsi vêtue d’air et de fraîcheur! Viens, suis-moi, je te trouverai de quoi te vêtir! »
José T. Ramirez - 4 juillet 2011
Comme j’aimerais réchauffer les plantes de mes pieds en bas tout au milieu du salon ovale et vide maintenant, mais je monte! Comme un grand O de fumée échappé de la pipe de papa, je m’efface dans l’espace infini. Mes joues frôlent les branches hautes de nos vieux cèdres; ces cèdres dont j’embrassais les troncs chaque soir avant de courir le long des rues empruntées par des gens raisonnables dans leurs autos respectables. Ils vont me manquer, ces arbres-là. Peut-être pleurent-ils maintenant pour moi.