Conte

Le cirque Onéiros

Par |2016-06-20T08:49:08-05:0029 juin, 2016|Conte, Nouvelles, Textes de creation|

Les voilà dans le chapiteau. De l’intérieur, il paraît à Edgar bien plus grand que de l’extérieur. Une cathédrale de nomade. Il faut grimper des marches et faire attention : les gradins de bois ne semblent pas très solides, mais se remplissent vite. Ils choisissent un banc et s’assoient. Son frère essaie de l’embêter, mais leur mère les sépare avant qu’Edgar ait eu le temps de répondre. Ce n’est pas grave, il pourra le faire en rentrant à la maison. Rira bien qui rira le dernier. Le spectacle va bientôt commencer. Les lumières des gradins s’éteignent et un monsieur bien habillé, le visage tout blanc, entre et se place au milieu de l’arène. Il a un micro. Une larme noire est dessinée sur sa joue. Maman, pourquoi il est triste le monsieur?

Blanche et les sept teckels

Par |2016-12-21T15:05:51-05:0023 juin, 2015|Conte, Cours de création littéraire, Dossiers thématiques, Écrire pour la jeunesse, Texte jeunesse, Textes de creation|

Tout à coup, une femme s’approcha du trône. Elle était tellement belle que le roi en eut le souffle coupé. Il l’invita à danser et Blanche les suivit sur la piste. La femme éternua à plusieurs reprises. Elle affirma être allergique aux chiens. Aussitôt, le roi demanda à sa chienne de s’éloigner d’eux. Blanche retourna près du trône, la tête basse.

Ti-Bob, le dernier ferblantier

Par |2015-05-25T11:00:08-05:0027 mai, 2015|Conte, Textes de creation|

Les joyeux parents ont appelé les jumeaux : Ti-Bob pis Ti-Bout. Faut dire qu’icitte, l’sentiment d’appartenance y est ben fort. À Sainte-Tite-Mère, tout l’monde est fier de ses origines. Depuis des générations pis des générations, on donne l’nom de Ti ou Tite aux nouveau-nés en l’honneur de notre sainte patronne. Encore aujourd’hui, l’village grouille de Ti-Boss, Ti-Coune, Ti-Coq, Ti-Cœur, sans oublier les Tite-Fille, Tite-Mère, Tite-Femme. Mais revenons à mon arrière-grand-père.

Blood pis gold

Par |2014-11-25T22:18:21-05:0010 décembre, 2014|Conte, Nouvelles, Récit, Textes de creation, Théâtre|

Michel pis moi, on… on l’a acheté y’a cinq ans, en arrivant de Sainte-Anne. Dans c’temps-là, c’était pas ben ben populaire. Nous, on en a fait une beauté. Top notch. Avec des tapis en minou pis des écrans partout pis des lumières LED dans des aquariums derniers cris pis des caméras dans chaque chambre.

La biche et le barbare

Par |2016-12-21T15:04:10-05:0020 août, 2014|Conte, Cours de création littéraire, Dossiers thématiques, Écrire en réécrivant, Nouvelles, Textes de creation|

Une fois bien en sécurité dans ma chambre à l’étage supérieur, je m’étais mis à guetter un quelconque signe d’activité, mes yeux fixés sur les bosquets, là où « la chose » m’était apparue. Une fois la lune entièrement levée, ce que j’avais cru illusion s’était avéré réalité : il ne s’agissait pas d’une bête, mais bien plutôt d’une femme.

Le mot

Par |2015-03-09T14:41:33-05:0014 novembre, 2011|Conte, Textes de creation|

Elle aurait voulu arracher les petits souliers cristallins aux gouttes de pluie qui tombaient. Elle aurait voulu reposer sa tête sur les pieds des cèdres, étendre ses tresses dorées sur l’herbe fraîche aux côtés des racines, mais elle a dû rester pieds nus, insomniaque, allant de porte en porte, annonçant la nouvelle, ne mouvant ses lèvres que pour faire sortir le mot à la fin de sa phrase. «Espoir», et aucune porte ne s’ouvrait.

Cendrillon, la princesse des cendres

Par |2011-07-27T14:53:57-05:0027 juillet, 2011|Conte, Textes de creation|

Dans les ténèbres de la nuit, Cendrillon n'arrivait pas à retrouver son chemin et se perdit. Elle avait très froid, la peur lui étreignait le cœur et elle sentait la faim la gagner. Se présenta alors à elle le papillon blanc qui était venu durant le bal, brillant dans la nuit : « Oh, pauvre petite fille, que tu dois avoir froid, ainsi vêtue d'air et de fraîcheur! Viens, suis-moi, je te trouverai de quoi te vêtir! »

Overdose

Par |2011-07-04T12:25:29-05:004 juillet, 2011|Conte, Textes de creation|

Comme j’aimerais réchauffer les plantes de mes pieds en bas tout au milieu du salon ovale et vide maintenant, mais je monte! Comme un grand O de fumée échappé de la pipe de papa, je m’efface dans l’espace infini. Mes joues frôlent les branches hautes de nos vieux cèdres; ces cèdres dont j’embrassais les troncs chaque soir avant de courir le long des rues empruntées par des gens raisonnables dans leurs autos respectables. Ils vont me manquer, ces arbres-là. Peut-être pleurent-ils maintenant pour moi.