C'est donc quelque chose de bien atrocement délicieux que d'écrire pour qu'on reste à s'acharner ainsi en des tortures pareilles, et qu'on n'en veuille pas d'autres.
Vincent C. Lambert - 23 octobre 2012
Ce n’est peut-être pas un bon jour. Il a plu par intermittence. Je n’ai pas pu rester en classe. Des regards s’échangent. Il y a une sorte de familiarité qui s’installe peu à peu, et qui nous retarde sans cesse. Et cela m’est apparu : j’attends. Dans cette classe, dans ce monde, sans arrêt j’attends.
Anne-Marie Petitjean - 5 juin 2012
Construction pyramidale, tripartition des personnages. Grosse masse claire de barbe patriarcale et de voiles virginaux. Les mains blanches, ouvertes sur les visages. Hiératique. Le peuple amassé au pied de l’estrade. Bruit et Fureur dans les lointains.
Pierre-Luc Landry - 26 avril 2012
Le premier ministre se permet de faire des blagues sur le dos des étudiants. Les journalistes attaquent le porte-parole de la CLASSE. On lui demande de jouer le rôle de quelqu’un d’autre, on lui demande de faire des déclarations pour lesquelles il ne détient pas l’autorité morale et symbolique. On demande aux étudiants de fermer leur gueule. On transforme mai 68 en octobre 70 et on s’insurge qu’un pont soit bloqué et qu’on rentre chez soi en retard pour le repas du soir. Je n’en peux plus.
Michel Bouchard - 16 mars 2012
Voilà déjà plusieurs paragraphes que je radote pour ne rien dire. Je n’ai pas de chiffres à donner, seulement des sentiments, des impressions. Ça doit en décevoir beaucoup, qui ne marqueront pas de me le faire savoir en usant d’un discours des plus polis. Je ne prétends pas avoir de solutions. J’ai des craintes. Beaucoup de craintes pour le futur du Québec, qui n’ont rien à voir avec l’économie. Des craintes quant à l’idéologie anti-intellectuelle qui gagne du terrain et qui menace notre société. Un danger beaucoup plus grand qu’on ne veut l’admettre.
Romain Courapied - 12 février 2012
J’écris ce mot … décadence … et je sens son poids derrière ma nuque … une génération d’artistes a pris ce mot sur ses épaules … j’en connais les aspects péjoratifs … des dégénérés selon les médecins … j’en connais les racines étymologiques … il n’est qu’à observer les logorrhées ou les aphasies, qui les éloignent mêmement du sens commun … « cadere », tomber, choir, mais aussi succomber ; on ajoute le préfixe « de -» qui appuie encore, si cela est nécessaire, sur l’irrémédiable déchéance.