Etudes littéraires

S’in-dé-finir

Par |2016-12-21T15:10:25-05:0012 mai, 2015|Dossiers thématiques, Etudes littéraires, Investir les marges, Table ronde, Textes de reflexion|

La règle du masculin l’emportant sur le féminin dans la langue française, par exemple, n’est pas un accident ou le reflet d’un ordre naturel. Elle y transpose le rapport de domination que la classe des hommes exerce sur celle des femmes (Wittig, 1992), pour emprunter la terminologie du féminisme matérialiste. Elle le répète, le rappelle, le banalise donc en lui donnant une forme structurelle et en l’inscrivant dans une pratique quotidienne.

Aborder le désir d’enfant en études littéraires : le cas d’Hervé Guibert

Par |2016-12-21T15:10:44-05:0012 mai, 2015|Dossiers thématiques, Etudes littéraires, Investir les marges, Table ronde, Textes de reflexion|

Sur le plan littéraire, l’érotisation de l’enfant apparaît comme un enjeu difficile à dénouer, extrêmement polarisant, où chaque parole prononcée est rapidement classée du côté de la condamnation ou de la légitimation. Il y a pour moi entre ces deux pôles un espace où la pensée est possible, où l’on peut chercher à comprendre, mettre en contexte, éclairer : l’institution universitaire. En ce sens, ma démarche ne cherche pas à dépasser la structure institutionnelle de l’université, mais à occuper son espace, qui est à certains égards toujours déjà en marge.

Rencontre avec Mathieu Leroux

Par |2014-12-27T23:39:09-05:0023 février, 2015|Baladodiffusion, Création littéraire, Etudes littéraires, Musique et chanson, Roman, Textes de reflexion, Théâtre|

Dans le cadre du cours «Le roman québécois depuis 1970» donné au Département de français de l'Université d'Ottawa, Pierre-Luc Landry a reçu Mathieu Leroux. Il est question, lors de cette longue rencontre passionnante de plus de deux heures, de littérature, d'homosexualité, de violence, d'autofiction, de démarche autobiographique, de sida, d'Hervé Guibert, de Catherine Mavrikakis, de Guillaume Dustan, de théâtre, de roman, de récit, de whisky Jamieson, de cocaïne, de Berlin, de New York, de Montréal, de Serge Doubrovsky, d'homophobie, et du pouvoir absolu de la création artistique.

Turbulences

Par |2014-04-09T11:35:08-05:009 avril, 2014|Création littéraire, Etudes littéraires, Textes de reflexion|

Nul besoin, donc, de tout approfondir, de tout reprendre et de tout justifier. La logique, ici, n’est pas celle de l’étalement. Aux eaux dormantes, j’oppose la turbulence du torrent. Celle, pourquoi pas, de la Rivière du Sud qui a marqué mon enfance : « splendeur shutshishiun corps cataracte pishteukamikun mamatuanut pishteuatikutshun puissance serpent sans cesse précipitée par l’éternel effondrement de ses chairs tshinikuanitshun puissance rivière » (Marcoux-Chabot, 2014 : 27) dont je parle abondamment dans mon dernier roman. Logique de l’écriture essayistique : je me laisse emporter par le courant. Et si j’ai laissé l’innu dépeindre ma rivière, je parlerai à présent de l’Amérindien par la bouche du torrent.

Béances

Par |2013-11-28T17:20:00-05:0028 novembre, 2013|Création littéraire, Etudes littéraires, Textes de reflexion|

L’ai-je mentionné? Par mon père, son père et tous mes ancêtres jusqu’à Mathurin Chabot, premier du nom en terre de Canada, je suis moi-même Québécois. « De souche », pourrais-je même ajouter. Pourquoi alors cette réticence (ou plutôt cette indifférence) à employer l’expression « littérature québécoise » pour désigner ce milieu culturel dans lequel je m’évertue pourtant à multiplier les signes de mon existence? De façon plus générale, pourquoi le concept de « littérature nationale » suscite-t-il en moi si peu d’enthousiasme?

Les limites de mon corps

Par |2016-12-21T15:11:11-05:0011 novembre, 2013|Cours de création littéraire, Création littéraire, Dossiers thématiques, Etudes littéraires, L'histoire commence. Atelier du roman, Textes de reflexion|

L’œuvre devient, pour l’écrivain qui l’a composée, un lieu d’expérimentation où il cherche, en écrivant, à voir comment le réel peut se plier à sa volonté pour s’incarner dans un récit, où il cherche à découvrir quel réel on peut créer avec la littérature. Si je ne suis pas parvenu, ce matin, à éteindre mon réveille-matin en dépassant les limites de mon corps, le romancier, lui, doit constamment chercher à franchir de nouvelles frontières, à parler avec une voix nouvelle, bref, à montrer un peu plus ce dont l’univers est capable, en écrivant quelques mots.

Les potentiels de la transgression générique. L’exemple de trois romans «policiers» modernes

Par |2016-12-21T15:11:26-05:0014 août, 2013|Cours de création littéraire, Dossiers thématiques, Etudes littéraires, L'histoire commence. Atelier du roman, Textes de reflexion|

En quoi L'Inconnu du Nord-Express est-il intéressant du point de vue de la création littéraire? Nous nous limiterons à trois aspects : la nouveauté du motif (chacun tue pour le compte de l'autre, sans raison apparente : le crime parfait); l'utilisation du concept du double, du Doppelgänger, qui oppose et relie constamment Bruno et Haines et qui devient un véritable procédé formel; enfin, la narration elliptique, grâce à laquelle le récit avance par bonds, en sautant comme un vinyle rainuré, dévoilant en quelque sorte ses rouages romanesques.

Houellebecq artiste penseur

Par |2016-12-21T15:19:14-05:0027 février, 2013|Colloque, Dossiers thématiques, Etudes littéraires, Portrait de l'artiste en intellectuel, Textes de reflexion|

Il serait juste de qualifier le monde de Houellebecq de « [b]ourse des corps » en empruntant l’expression à Pascal Bruckner dans Le Paradoxe amoureux. Cette bourse trace une hiérarchie sociale dans le fourmillant système du sexe. Et, pareillement à la bourse d’argent, il y a de gros joueurs et de grands risques, des potentiels modestes ou monstrueux, des cotes promues, déchues, des chutes d’indice, progressives ou dramatiques. Des envolées vertigineuses, de bonne fortune ou de travail ardu. Des hasards, des krachs. Mais aussi des retraits et des ventes, des reculs. Des joueurs prudents, des défections, des faillites. Des démissions, des dépressions et des suicides.

L’art et la vie : La pensée dans les poèmes de Tarkos et Pennequin

Par |2016-12-21T15:19:48-05:0030 janvier, 2013|Colloque, Dossiers thématiques, Etudes littéraires, Portrait de l'artiste en intellectuel, Textes de reflexion|

Le rapport entre l’art (ou la littérature) et la «vie» et le rôle qu’y joue cette étrange et immatérielle faculté que nous avons de «penser» n’est pas un problème nouveau, tant s’en faut. Dans le champ littéraire, les dichotomies entre abstrait et concret, langage et réel, signe et référent, forme et fond sont bien ancrées dans nos schémas de pensée et constituent des motifs de doléances récurrents chez l’écriveur dès lors qu’il «se regarde écrire». Elles peuvent même servir de moteur de l’écriture, comme c’était le cas, au départ, du «récit dysfonctionnel» qui compose mon mémoire universitaire. Or plus j’avance dans mon écrit que d’aucuns qualifieraient d’«intellectuel», plus je constate l’impasse vers laquelle je me dirige, et plus je sens la nécessité de traduire (fût-ce utopique) une expérience de vie réelle, bref de rendre mon récit «fonctionnel». J’ai l’impression que la valeur de mon œuvre ne réside pas tant dans son «intelligence» ostensible, que dans une «ingéniosité» retenue autorisant la «reconnaissance» et le «partage» d’une expérience de vie par un éventuel lecteur.